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Le désir d'événement

Culture, un temps de transition

jean-pierre saez

Toute élection présidentielle est l’occasion de vérifier la profonde ambivalence de l’esprit français, partagé entre son penchant révolutionnaire et son goût de la monarchie. Il faudrait ainsi que tout change par la grâce du nouveau pouvoir mais à condition que chacun puisse prendre pleinement sa part dans le débat. La culture se révèle être un bon terrain d’observation de cet adage.

On attend de l’État qu’il redonne du souffle aux territoires mais on souhaite que le changement soit une oeuvre collective impliquant les acteurs de terrain dans l’écriture de leur destin ; on appelle au changement en général, mais on n’est pas d’accord sur ce qu’il faut changer ni sur les solidarités à renforcer dans un cadre de plus en plus contraint. Les défis culturels à relever sont multiples, entremêlés. Ils plongent leurs racines dans l’histoire lointaine et sont toujours plus conditionnés par le présent ; ils dépendent également de jeux d’acteurs plus complexes, publics, privés...

Le nouveau gouvernement doit agir dans un contexte de réforme territoriale. Il doit tenir compte de la mutation des formes artistiques et culturelles et des relations qu’elles induisent avec les publics et la population, de la transition numérique, des transformations économiques du secteur culturel, de la fragilisation des politiques culturelles et de l’emploi correspondant, d’un besoin plus fort de démocratie et de dialogue. Au-delà de ces contraintes, c’est bien une ambition partagée pour la culture qu’il faut reformuler.

Dans l’inventaire de la situation, il convient d’abord de rassembler les innombrables atouts dont notre pays dispose sur le plan artistique et culturel et d’observer les dynamiques créatives qui continuent de se développer à travers les territoires. Mais si les politiques publiques doivent conforter ce qui marche, elles ont d’abord à traiter des difficultés. La dernière décennie, pour prendre une échelle de temps appréhendable, est marquée par l’accentuation de fractures sociales, culturelles, territoriales. Les politiques culturelles ne sauraient assumer seules d’aussi vastes sujets. Elles ont cependant leur contribution à apporter pour participer à la réduction de ces problèmes.

La question du rééquilibrage culturel territorial comporte plusieurs dimensions. La réforme territoriale polarise largement les pouvoirs au sein des régions et des métropoles. La recherche d’efficacité à ces échelles risque d’accentuer les inégalités à d’autres. Travailler sur la perspective d’un aménagement culturel plus équitable du territoire suppose d’établir des diagnostics partagés entre tous les niveaux de collectivités, les acteurs locaux, les professionnels, la société civile. Certains territoires ruraux souffrent d’un déficit de présence artistique et culturelle qui accentue ce sentiment d’isolement qui conduit à des réactions de repli mortifère. C’est aussi le cas dans bon nombre de territoires urbains périphériques où une grande partie de la jeunesse est en souffrance alors même qu’elle demande à exprimer son énergie. Pour affronter ces situations, si les mots ne finissent pas par être galvaudés, il s’agit de mettre en place des démarches de co-construction. Elles ne peuvent se limiter à un travail entre les représentants de collectivités au sein des CTAP, dont peu de régions ont jusqu’à présent saisi l’opportunité. Les réseaux et filières artistiques et culturels sont aussi dépositaires d’une expertise à mobiliser et à mutualiser et la voix des usagers doit aussi être entendue.

La nouvelle carte intercommunale a profondément recomposé les territoires. Pour un grand nombre d’entre eux, l’écriture d’un projet culturel commence à peine. Comment ces nouvelles intercommunalités pourraient-elles devenir des espaces de projet si la culture n’est pas au coeur de leurs préoccupations ? Pour accompagner la montée en compétence de ces territoires, il faut un bon alignement des étoiles : autrement dit inciter à l’élaboration de politiques de coopération convergentes entre départements, régions et État autour de ces nouveaux ensembles locaux.

Pour l’État, l’enjeu du rééquilibrage culturel est aussi multiple. Il devra notamment passer par l’ouverture d’un chantier tabou : celui de la régulation de l’effort national entre Paris et les régions. Celui-ci sera d’autant plus nécessaire qu’une nouvelle baisse de la dotation globale aux collectivités est envisagée. Dans ce cas, et sans dispositif compensatoire, la culture sera de nouveau soumise à contribution.

Dans le contexte politico-institutionnel actuel, les DRAC se sont révélées fort utiles pour garantir une certaine continuité d’action. Dans la période à venir, il est probable que l’on ait besoin de plus de déconcentration, c’est-à-dire de plus de capacités d’intervention d’une part, et d’autonomie des services d’autre part. Inscrit dans une stratégie coopérative rénovée entre les collectivités publiques, ce mouvement prendrait tout son sens. L’expertise des DRAC est reconnue. En se consolidant sur les enjeux actuels (les cultures numériques, l’international, les nouvelles médiations, les droits culturels…) elles seront mieux armées pour aborder des territoires et des défis plus complexes. On peut même parier qu’un nouvel âge de la déconcentration pourrait avoir un effet global de renforcement du ministère de la Culture.

Les régions s’acheminent vers une stabilisation de leur organisation, après une première année d’exercice tâtonnante ou illisible. La majorité d’entre elles envisage un effort culturel accru en 2017. C’est le signe qu’elles considèrent avoir un rôle majeur à assumer dans les années à venir, étant entendu que leur marge de progression est encore grande pour qu’elles jouent le rôle structurant qui est attendu d’elles. Toutefois, ce qui caractérise la période actuelle, ce sont les fluctuations des financements culturels. Ils traduisent la fragilité d’un système pourtant envié dans le monde entier. Parmi les marqueurs sensibles de l’ambition des régions, il sera intéressant de regarder notamment la place des FRAC dans leurs nouvelles politiques. Les FRAC ont beaucoup évolué dans leur rapport au territoire et il serait nécessaire de procéder à une juste évaluation plutôt que d’en faire ici ou là une variable d’ajustement.

Il est légitime de solliciter les acteurs pour qu’ils poursuivent un travail de diversification de leurs ressources à travers des stratégies coopératives, des mutualisations intelligentes – comme en témoignent les groupements d’employeurs –, à travers le mécénat territorial (plus souvent de compétences que financier au demeurant). Toutefois, si l’argent ne saurait résoudre tous les problèmes de la période à venir, il va bien falloir inventer de nouvelles recettes pour la culture. Comment faire au-delà des incitations à une meilleure solidarité entre les forces vives de l’art et de la culture ? Des idées sont sur la table, telles qu’un prélèvement sur la contribution fiscale (augmentée…) des GAFA. Autre voie originale : celle de l’instauration, à l’instar du 1% artistique, d’un 1% culturel appliqué aux investissements publics dans les infrastructures numériques et destiné à financer des contenus culturels sur Internet. Formulée il y a déjà quelques années, c’est l’une des idées les plus pertinentes pour imaginer un élargissement du financement de la culture en phase avec les transformations de la société.

À quoi sert une politique culturelle sinon à profiter au plus grand nombre et à l’émancipation de chacun ? Il est fort heureux que l’éducation artistique et culturelle soit confirmée comme une des priorités du ministère. Si dans 5 ans, il s’avérait que l’EAC soit devenue un vrai droit culturel pour chaque enfant et chaque adolescent, il y aurait de quoi se réjouir à plus d’un titre, car cela témoignerait d’un élan dont tout l’écosystème culturel aurait profité.




Sommaire

Édito
Culture, un temps de transition
Tribune
Quand j’étais ministre de la Culture. Conseil exceptionnel des anciens ministres
Dossier
Commemoratio
La fabrique événementielle
L’événement : agitateur d’urbanité
Capillarité vs Cymbales
La mise en évènement de l’occupation temporaire : quand les lieux artistiques off inspirent les opérateurs in de la production urbaine
Les festivals du spectacle vivant : une galaxie d’acteurs aux pieds d’argile
Annulé !
Agilité et créativité des festivals
 
Le festival, ses publics et l’économie de la création
La Zinneke : faire ville ensemble à travers les différences
Inscrire l’événement dans l’espace et le temps
Théâtre de rue : désir de gaieté, sentiment d’insécurité, esprit de liberté
L’art au temps du terrorisme. Lettre à My
Fêter une date régionale, s’affirmer dans un contexte national : la fêt kaf à l’île de La Réunion.
Le rite carnavalesque. Toujours recommencé, entre transgression et sédition
Biblio
Quelle évaluation pour la culture ?
Que recouvre le terme de « culture » pour les Français ?
Le cosmopolitisme esthético-culturel des jeunes
Histoire de la politique culturelle québécoise